A propos

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Il s’agit de la rencontre entre une chanteuse, une photographe et une maison de santé*, tous trois sensibles au sujet délicat de la mort.
* Marie Tout Court, Martine Marras, Le Pôle de Santé des Envierges à Paris.

Deux artistes et un collectif de médecins engagés. La photographie et l’écriture de chansons pour exprimer son ressenti personnel sur la mort et le deuil avec un soutien médical mis en place pour accompagner les patients sur la dernière partie de leur vie. Il est important, si on le souhaite, de pouvoir s’exprimer librement sur les peurs et les angoisses liées à notre propre mort ou à celle des gens qu’on aime.

Le projet (re)donne une parole citoyenne aux personnes âgées isolées, au sein de leur territoire et de la société, et cela en les valorisant dans leur image et leur estime de soi.

Nous désirons laisser du temps et de l’espace aux sentiments dans le cadre du soin médical en laissant une place majeure au libre arbitre et à la question du choix.

Depuis bientôt deux ans, nous nous rendons plusieurs fois par mois au domicile de patients en fin de vie. Ces personnes sont choisies parmi la patientèle des médecins du Pôle de Santé des Envierges dans le 20ème arrondissement de Paris. Nous nous adressons prioritairement à une population âgée présentant des facteurs de vulnérabilité, tant sociologiques qu’économiques.

Nous recueillons les sentiments des patients et les transformons en créations artistiques afin de les soulager d’un poids souvent bien trop lourd à porter au quotidien. Au final, chaque patient repart avec une chanson- témoignage et une série de photographies.

Avec l’apparition du Coronavirus en 2020, le thème de la mort est au cœur de toutes les discussions et provoque de réelles angoisses auprès de nombreuses personnes déjà fragilisées par ailleurs. En mêlant les mots et les images, nous cherchons à faciliter l’expression intime. Notre projet, commencé en amont de cette épidémie, répond encore plus aujourd’hui à un réel besoin d’accompagnement.

Libérer la parole, alléger le poids des peurs autour de la mort, accompagner avec bienveillance, lutter contre la solitude, redonner de la confiance et mettre en valeur chaque personne dans son intimité, voici le pari de Je me fais la Belle.

Aborder la mort et imaginer soi-même une partie de son enterrement, oser mettre en mots et en images ses souhaits, ses peurs et ses angoisses. A travers l’art, s’inspirer d’autres coutumes qui célèbrent la mort autrement que dans notre culture. Laisser un souvenir éternel en images et en chanson, comme un dernier témoignage.

Nous allons là, à cet endroit où la mort prochaine est inévitable mais où la transmission est encore possible, soulevant la question de ce que l’on souhaite transmettre de soi à ceux qui restent.

Partir de l’individuel pour toucher l’inconscient collectif. Nous espérons que ce travail en profondeur sur ces deux années aura des répercussions à long terme sur un public élargi.

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